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Bivouac larvé à Cap Macré

En cette période de forte chaleur, où les corps en proie à la déshydratation se battent par une lutte incessante et exténuante contre notre redoutable et bien-aimé soleil, nous décidons, un week-end, de planter nos tentes à Cap-Macré.

Cette magnifique plage du Sud de la Martinique nous offre le spectacle sauvage de la nature à l’état brut, mêlant plage rocailleuse et sable fin, flore des bords de mer, dense, puissante, bien que courte sur pattes. Court sur pattes, c’est aussi le cas de notre bel ami chien, j’ai nommé Jahra, mascotte de notre week-end.

 

 

Un beau staff, jeune et vif, qui passe son temps à dénicher les crabes au bord de l’eau tandis que les garçons sortent les ailes de kite-surf et les filles leurs bikinis rouges et jaunes. Des crabes, il en trouve mais pas que… Ahhhhhh un VERS !

 

Il fallait s’y attendre, mais l’occasion entre la découverte de ce vers et la présence de ce chien est trop belle pour vous mettre en garde contre ces parasites qui infestent nos plages. Récemment, une enfant est venue consulter aux urgences pédiatriques pour une lésion cutanée provoquée par l’un d’eux : LARVA MIGRANS, plus connu sous le nom de Vers à chien.

Ils proviennent des selles de chiens et chats infestés, en général des êtres errants sur les plages, se nourrissant de ce que la nature et les poubelles veulent bien leurs procurer.

Tout d’abord, le parasite s’accroche et pénètre sous la peau des pauvres bêtes, passent dans la circulation sanguine puis se développe dans les intestins où il pompe le sang de sa victime afin de se développer. Ensuite, les femelles pondent des milliers d’œufs qui sont rejetés dans la nature à travers les excréments de nos tendres compagnons non vermifugés. Alors enfouis dans la nature, les larves microscopiques donc invisibles, attendent tranquillement dans le sable, à l’ombre sous les cocotiers, la venue d‘une nouvelle victime. Qui peut être la bande des campeurs : les Hommes !

Pas de panique, chez l’Homme, le parasite ne peut pas s’infiltrer au-delà de la peau, il se trouve dans une impasse, l’impasse parasitaire, et alors, il ne lui reste plus qu’une destinée : la mort. Mais avant ça, il va quand même tenter de se frayer un passage en zig-zag sous la peau provoquant des lésions cutanées, débutant environ 3 jours après la pénétration de la larve. Ces lésions forment des sillons sur plusieurs centimètres, rouges et provoquent des démangeaisons principalement nocturnes !

 

Un simple traitement oral par anti-parasitaire permet de se débarrasser de ces squatters de peau, il faut alors quelques semaines pour que les lésions disparaissent. Souvent situées dans le dos, fesses, pieds, ces lésions peuvent passer inaperçus.

C’est une réalité et non pas une rumeur, Schoelcher, Trois-îlets, des cas ont été rapportés un peu partout sur l’île. Un seul mot d’ordre : la prévention !

A tous les maîtres d’animaux, faites-les vermifuger régulièrement. Signalons la présence des chiens errants sur les plages, ce sont les victimes et les propagateurs de cette maladie. A noter, que certaines plages interdisent carrément l’accès aux chiens.

Et nous, être humains, les micro-larves peuvent traverser les draps de plage, asseyons-nous plutôt sur des nattes de pailles tressés ou bien des matelas et évitons de marcher pieds nus sur le sable ! Vive les slaps !

 

 

 

NB : je ne saurai jamais quel était ce vers photographié à la plage, un ascaris, un simple vers de terre (ça n’y ressemblait pas) ? Si il y a un infectiologue parmi nous?

Un Commentaire

  1. Très bel article Diane . Mêlant théorie et pratique . Le réel et le rêve ; à l’ image des photos publiées . Une méthode d enseignement prometteuse

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